Les Journées de la Harpe (Martinique, Guadeloupe, Guyane)
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En 2015 Mel BONIS compositrice
samedi 26 septembre 2015
par webmaster
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Mel Bonis est le pseudonyme de Mélanie Bonis. Elle grandit à Paris dans un milieu de la bourgeoisie modeste qui ne comprend pas sa passion pour la musique. Elle apprend le piano d’une manière autodidacte jusqu’à l’âge de 12 ans, quand ses parents cèdent enfin à son désir d’avoir une formation musicale. A 17 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle suit les cours de piano, orgue, écriture, avec Auguste Bazille, Ernest Guiraud et César Franck, partageant les mêmes bancs que Debussy et Pierné. Elle obtient un premier prix d’harmonie et suit avec succès la classe de composition quand ses parents l’obligent à démissionner du Conservatoire pour contrecarrer ses projets de fiançailles avec le chanteur Amédée Hettich et prévoir pour elle un avenir plus conforme à leurs ambitions.

Ils organisent pour elle un mariage de convenance avec un riche bourgeois, Albert Domange, tout aussi hermétique à son art. Après une longue interruption du fait de ses devoirs de maîtresse d’une « maison » considérable, d’épouse, de mère et de femme du monde, Mel Bonis reprend contact avec la musique et les musiciens.

C’est dans l’incompréhension la plus totale de son entourage qu’elle accomplira sa vocation, écrivant malgré tout plus de trois cents œuvres, piano, orgue, musique de chambre, orchestre, mélodies, chœurs. Dans la veine postromantique, c’est une œuvre variée et originale, foisonnante d’inspiration, richement harmonisée avec une intéressante recherche rythmique, une musique qui reflète la grande sensibilité et la puissance d’inspiration de son auteur. En témoignent notamment ses deux quatuors pour piano et cordes qui soutiennent aisément la comparaison avec les grandes œuvres de compositeurs tels que Brahms ou Fauré.

Entre 1900 et 1910, Mel Bonis connaît une certaine notoriété dans le milieu musical parisien : elle est lauréate de deux concours de la Société des Compositeurs, sa musique est jouée dans le cadre de la Société Nationale de musique, et, fait unique pour une femme, elle devient secrétaire de la Société des Compositeurs. Elle est jouée dans des salons, aux Concerts du Conservatoire, au Châtelet. Les musiciens éminents de son temps parlent de sa musique avec respect et admiration : "Je n’aurais jamais cru qu’une femme fut capable d’écrire cela", dit Camille Saint-Saens en parlant de son premier quatuor, "elle connaît toutes les ficelles du métier"

Mais dans la dernière partie de sa vie, Mel Bonis est physiquement et psychologiquement déprimée. La concurrence des compositeurs modernes fait un tort considérable aux postromantiques. Elle continue à composer, mais dans l’ombre. Elle écrit dans ses mémoires : "Mon grand chagrin : ne jamais entendre ma musique". Cet injuste destin pour une musique d’une qualité exceptionnelle se répare aujourd’hui où des interprètes de plus en plus nombreux lui redonnent vie.

Christine Géliot

La compositrice parisienne Mel Bonis (1858/1937) est l’ancêtre d’une grande famille de harpistes (famille Géliot).