Les Journées de la Harpe (Martinique, Guadeloupe, Guyane)
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Compte-rendu de la 16ème édition en 2008
samedi 29 août 2009
par webmaster
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16ème édition des Journées internationales de la harpe dans la Caraïbe et en Guyane Du 18 octobre au 9 novembre 2008 « en souvenir d’Aimé Césaire » (1913-2008) (pour l’association internationale des harpistes) " Pour la 16è fois, la Martinique a ouvert le mercredi 29 octobre, les journées internationales de la Harpe ! Et oui, qui eut pensé, il y a 15 ans que se perpétuerait cette magnifique manifestation qui s’est étendue, non seulement à la Guadeloupe depuis 4 ans mais encore plus récemment, à la Guyane. Claire Le Fur peut être fière de son initiative ! L’ensemble martiniquais des harpistes « Glissando » et les nombreux artistes présents sont là pour le prouver !(article France Antilles G.Seville oct2008) "

Cette année le festival rendra hommage aux musiciens romantiques autour de Elias Parish Alvars (1808-1849), aux frères Salvador André(1913-2003) et Henri (1917-2008) et sera dédié à Aimé Césaire (1913-2008)

Elias Paris Alvars

Parish Alvars fut sans doute le plus grand virtuose de son temps et on le compara souvent à Paganini ou à Franz Liszt, Hector Berlioz l’appelait « le LISZT de la harpe » En 1847, il est nommé Virtuose de la Chambre Impériale à Vienne, mais atteint de tuberculose, il devait y mourir deux ans plus tard. Son œuvre compte une centaine d’opus, dont quatre concertos pour harpe et orchestre, un concerto pour deux harpes et orchestre ainsi qu’un recueil de pièces pour harpe seule intitulé "Voyage d’un artiste en Orient ". Contemporain de l’essor de la harpe à double mouvement, il en révolutionna la technique en favorisant dans son jeu les sons étouffés, les gammes en tierce ou en sixte glissées, et les sons harmoniques. De ce fait, les parties solistes de ses œuvres produisent un effet extraordinaire sur le public, mais exigent d’être servies par un interprète de grande rigueur technique.

Henri et André Salvador

Leurs parents, tous deux natifs de Guadeloupe, s’installent à Paris en 1924. Henri a une sœur Alice et un frère André avec lequel il chantera en duo au début de sa carrière. André Salvador frère aîné de Henri, est né le 27 octobre 1913 à Cayenne. C’est un artiste aux multiples facettes, chanteur, musicien (guitare, basse), compositeur, chef d’orchestre, acteur de cinéma, fantaisiste, d’une générosité absolue, sensible, attachant, non conformiste par religion, facétieux, déconcertant parfois par son esprit de répartie et ses réactions d’écorché vif. D’une activité sans relâche, amoureux de la vie, il était exigeant avec lui-même autant qu’avec les autres, impitoyable envers toutes les formes de domination et de bêtise humaines. Son éclectisme l’avait conduit à devenir un athlète accompli, un sportif de haut niveau dans les disciplines les plus variées : tir à l’arc, (champion de France), ski , cyclisme, équitation, arts martiaux …C’était aussi un grand musicien. A force de recherche et de travail personnel, André SALVADOR était passé maître en écriture et composition musicale. Les cent cinquante manuscrits qu’il a déposés à la SACEM sont des petites merveilles de précision, de rigueur, d’originalité harmonique et mélodique qui attendent d’être redécouvertes aujourd’hui. Il meurt le 24 juin 2003 à près de 90 ans, dans l’anonymat. Henri Salvador naît le 18 juillet 1917 à Cayenne. Il obtient ses premiers engagements en 1933 dans des cabarets parisiens. Il y est apprécié comme musicien mais aussi comme humoriste. Django Reinhardt l’engage comme accompagnateur. En 1941, il fuit la France et part en Amérique du Sud, de 1941 à 1945. Il exerce ses talents de guitariste chanteur et de comique dans l’orchestre de Ray Ventura. Il a reçu de nombreuses récompenses : Victoire d’honneur de la musique en 1998, Prix du disque 2000 de l’Académie Charles-Cros pour l’ensemble de sa carrière, Victoire de la musique 2001 etc.. Henri Salvador était aussi commandeur de la Légion d’Honneur, de l’Ordre national du Mérite et de l’Ordre des Arts et Lettres. En 2001 il recevra la Médaille d’or de l’Académie française. Il meurt le 14 février 2008 à l’âge de 90 ans à son domicile parisien d’une rupture d’anévrisme.

André et Henri débutent ensemble au cabaret dancing le Villon dans le quartier latin, puis au Mirage à Montparnasse et au Jimmy’s bar. La guerre les sépare pendant 4 ans. Ils ne rejoueront plus jamais ensemble. Leurs carrières respectives se télescopent en permanence et une certaine rivalité s’installe entre eux. André décroche le Grand Prix du disque en 1947 et Henri en 1949.En 1950 sortent, à quelques mois d’intervalle, les films Nous irons à Paris (avec Henri) et la Maison du Printemps (avec André). Sous la pression de son frère, ce dernier doit marquer la différence et signe d’abord Salvador André puis André Jacquart. Aigri et déçu par l’attitude de son frère, il part au Canada, se consacre à sa carrière de sportif et tombe dans l’oubli pour la musique . Ses partitions ont été prêtées par sa fille Micheline Vaillant/Salvador . J.P. Meunier, spécialiste de la musique antillaise, a édité un CD de ses œuvres et l’histoire de sa vie. André Salvador a même composé pour harpe !

Aimé Césaire

Aimé Césaire, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France, est un poète et homme politique français. Il est l’un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu. Sa politique culturelle est incarnée par sa volonté de mettre la culture à la portée du peuple et de valoriser les artistes du terroir. Il s’est retiré de la vie politique en 2001, mais reste un personnage incontournable de l’histoire martiniquaise jusqu’à sa mort. Après le décès de ses camarades Senghor (Afrique) et Damas (Guyane) , il est resté l’un des derniers fondateurs de la pensée "négritudiste". A chaque concert, seront lus des poèmes d’Aimé Césaire ainsi que de Léon-Gontran Damas en Guyane sur un fond musical.

Les participants

Cette année, les harpistes Florence Vigner et Françoise Basle représentent la harpe celtique, Ramon Romero la harpe paraguayenne, "Sophie la harpiste" apporte l’humour et le rire, Huguette Géliot très aimée du public antillais, le quintette "les Alizés" composé de François Detton (flûte), Yves Desmons (violon), Olivier Leboucq (violon) ou Cécile De Rocca Serra (alto), Jean Eric Thirault (violoncelle) et Claire Le Fur (harpe), rendent hommage à Parish Alvars. Les jeunes harpistes Lilya Marino, Céline Vaillant et Violette Weber choisissent des musiciens romantiques. Philippe Mabboux est le compositeur à l’honneur cette année. Comme de coutume, de nombreux musiciens des trois départements (Guadeloupe, Martinique et Guyane) se joignent aux solistes invités :

Pour la Guadeloupe : Laurence Koenig (violoncelle), Solange Wizart (Alto), Maurice Sonel Edouard (basse),Emile Antile (saxophone), Jacqueline Lehesrant (harpe)

Pour la Martinique : Barel Coppet (clarinette antillaise), Roger Nardi (chant), Guy Louiset (steel Pan), Michel Cilla (tambou di bass), les musiciens de Sainte Luce autour de Geneviève Seville (chant), le conteur Patrick Mathelie-Guinlet.

Pour la Guyane : Gérard Zaraté (harpe paraguayenne) et son ensemble de harpes, Franck Bilot (clarinette), Michaèle Ngo Yamb Ngan (flûte), les chœurs de la cathédrale de Cayenne, Christian Laidlow (orgue), Charlayne Hurtiger (violoncelle), Jacques Fauroux (chant).

Les journées de la harpe en Guadeloupe . Inauguration et repas d’ouverture à Caféière Beauséjour

La Basse Terre est à l’honneur. C’est dans la cadre splendide de « caféière Beauséjour » que nous ouvrons le festival avec Huguette Géliot et Claire Le Fur à la harpe, Yves Desmons au violon. En pensée avec Jean Michel Damase dont nous regrettons l’absence, le public apprécie, parmi ses compositions, la Bourrée chromatique au violon et Neige en trio de harpes avec le concours de Florence Vigner, puis la musique française du début du siècle, chère aux harpistes (Pierné, Salzedo, Fauré, Debussy…) Comme chaque année, le concert est suivi d’un repas gastronomique à la hauteur du lieu .

Le voyage aux Saintes

Pour la 1ère fois, le festival se déplace aux Saintes, îles situées à l’extrême sud de la Guadeloupe. Rien n’est simple avec nos instruments encombrants : transport en bateau des harpes, du violoncelle, des violons, pour une ½ heure de traversée depuis la commune de Trois Rivières et puis c’est l’enchantement. L’accueil est vraiment chaleureux, hôtel, transport, repas succulents.. Là-bas les habitants sont loin de tout, les bateaux arrêtent leur traversée à 17h ne permettant aucune sortie le soir vers le « continent » la Guadeloupe et peu d’artistes se produisent aux Saintes. Suite aux animations scolaires, les enfants voudraient nous garder une semaine "vous revenez demain ? ", tous veulent apprendre à jouer…. Mais demain nous serons loin, à Beauport dans le nord puis à Marie Galante, puis en Martinique puis en Guyane…. Difficile pour eux d’imaginer ce périple…

Basse Terre

Avant de rejoindre la Grande Terre au Nord, un groupe reste jouer à l’Auditorium de Basse Terre, pays du Chevalier de St George, natif de Baillif. Le quintette "les Alizés", avec le concours de Laurence Koenig au violoncelle et Solange Wizard à l’alto, interprètera plusieurs œuvres méconnues du Mozart noir, dont la sonate pour harpe avec accompagnement de flûte, le quatuor en sol et plusieurs romances jouées en duo, violoncelle et harpe, suivies d’ œuvres d’Amadeus Mozart le Mozart blanc, le quatuor avec flûte en ré, le concerto pour flûte et harpe, l’andante pour flûte : un très beau programme. La composition musicale Ma terre c’est la Mer de Philippe Mabboux sera donnée en création en 2ème partie de programme. C’est une pièce originale de 25 minutes spécialement composée pour le quintette "les Alizés" et piano afin d’accompagner un documentaire sur la vie sous-marine caribéenne et la protection de la nature (des images extraordinaires filmées par Michel Metery et Albert Falco , montage de J.P. Stella)

Baie-Mahault et Gosier, villes phares pour la culture

Retour au Nord et nous retrouvons, avec plaisir, les communes des années précédentes qui attendent notre nouveau programme. Le public est toujours au rendez-vous et les églises font le plein. A Baie-Mahault, Huguette Géliot enchante l’auditoire. Suit un voyage musical à travers l’Irlande, la Bretagne, le Paraguay avec Ramon Romero pour terminer avec un hommage à Henri et André Salvador, chansons qu’interprétera Roger Nardi accompagné par les harpes, le steel pan de Guy Louiset et la clarinette de Barel Coppet. La soirée se termine par un cocktail succulent offerte par la mairie . A Gosier, c’est la journée du créole : certaines mélodies d’Henri Salvador sont chantées en créole sur une adaptation inédite de Michel Bagoe. Des airs antillais sont adaptés pour les harpes. La municipalité a mis à disposition un piano à queue dans l’église pour Philippe Mabboux pianiste compositeur . La commune du Moule avait choisi le quatuor de harpes et la musique romantique de tous les pays d’Europe interprétée remarquablement par Olivier Leboucq, Yves Desmons au violon et Jean Eric Thirault au violoncelle , solistes de Marseille ( Paganini, Donizetti, Boccherini, Glinka, Schubert….)

Beauport "Pays de la Canne"

Située dans les champs de canne de la grande Terre, cette ancienne sucrerie est devenue un musée et un lieu réputé pour la culture : expositions, spectacles son et lumière au milieu des machineries du musée, un lieu idéal pour le ciné concert aquatique du quintette "les Alizés" et la création mondiale de Ma terre c’est la Mer. Ce documentaire fut réalisé par Jean Pierre Stella et mis en musique par Philippe Mabboux. Les moustiques aussi étaient au rendez-vous mais sans "la dengue" cette année….

Marie Galante

Grâce au concours de la DRAC, des lieux retirés et souvent défavorisés bénéficient de notre venue. Après la commune de Terre de Haut aux Saintes, la MJC de Saint Louis nous attend pour leur rendez vous annuel depuis maintenant 3 ans : repas, musique, danse : toute une après-midi de fête. Barel Coppet clarinettiste "le père de la biguine" toujours vaillant à 88 ans a l’immense joie de retrouver Emile Antile, saxophoniste de renom, originaire de l’île pour des improvisations endiablées. Le public entonne les chansons célèbres d’Henri Salvador et découvre les musiques de son frère André. C’est à l’hôtel Cap Reva qui héberge gracieusement tous les musiciens pendant 3 jours que les îliens peuvent découvrir les harpes, le steel pan, le violon et pour certains profiter de l’enseignement des solistes toute une journée. Animations en milieu scolaire et au centre de gérontologie Inclue dans la semaine dédiée aux personnes âgées, nous offrons au centre de gérontologie une belle prestation de solistes (violon, violoncelle et harpe). En parallèle, près de 700 élèves découvriront les secrets de la harpe juste avant leurs vacances scolaires en partenariat avec la DRAC et le rectorat.

Les journées de la harpe en Martinique

Inauguration au Village de la Poterie des Trois-Ilets

Grâce à la participation très active du "Village de la poterie des Trois Ilets" tout l’après-midi, les visiteurs spectateurs ont déambulé dans ce site mythique pour entendre toutes les harpes accompagnées d’instruments divers allant de la bombarde au steel-pan et en soirée un concert haut de gamme . une dizaine d’oeuvres de Parish Alvars allant de la Sérénade aux Romances seront interprétées avec brio par Huguette Géliot, Florence Vigner, Lilya Marino, Sophie Bonduelle et Claire Le Fur. En apothéose, place à la nature et à l’écologie ! Ma terre c’est la mer, une belle conception alliant l’image, la voix et les instruments musicaux. Une prouesse puisque les musiciens, arrivant à peine à lire leurs partitions en raison de l’obscurité régnante, voulue afin que le film soit mieux vu et perçu, accompagnent de leur mélodie, la tortue Caret en balade dans un récif corallien des Caraïbes menacé par la pollution ! Voyage sous-marin musical au sein d’un monde animal plaisant et attachant que l’inconscience humaine risque de détruire ! Si une partie des musiciens s’envole le lendemain pour la Guyane, l’autre reste en Martinique pour une dizaine de jours.

"Angéla for Ever"au Robert et au Lamentin

Ce nouveau spectacle créé en Avignon par Sophie Bonduelle, harpiste humoristique, a été très apprécié au Robert dans une soirée offerte par la Caisse des Recettes et Consignations, partenaire pour la 1ère année du festival . Malheureusement, son show au Lamentin a été court-circuité par une annonce d’annulation, faite par erreur par la Maison de Culture 48h avant le spectacle. Conséquence : le spectacle a eu lieu devant 10 personnes !

Animations en milieu scolaire, en milieu hospitalier, en milieu carcéral

En Martinique, en partenariat avec le rectorat, de nombreux concerts scolaires (harpes paraguayenne et celtique) en collèges et lycées ont été réclamées par des professeurs passionnés et des principaux d’ établissements, (environ 800 élèves ) ou encore par des offices de la culture de communes. (St Esprit, Ste Anne, Ducos, Le Lorrain, le Marin ….) Avec le concours de la DRAC Martinique, le centre pénitentiaire de Ducos a bénéficié d’un concert de musique paraguayenne, cette année, réservé aux femmes. Le centre de la Mère et l’Enfant, le service cancérologique, les services des consultations de l’hôpital la Meynard, les personnes âgées de Ventura, l’hôpital Clarac ont eu le grand plaisir de profiter des musiciens venus exceptionnellement à domicile. Florence Vigner, Claire Le Fur à la harpe , Guy Louiset au steel pan « Sophie la harpiste » pour l’humour(environ 350 personnes).

Le Théâtre Municipal de Fort de France

Prêté chaque année par la municipalité, doté d’une acoustique exceptionnelle, le théâtre de Fort de France reste le lieu de prédilection des musiciens classiques. L’intérieur ressemble à l’opéra Garnier en miniature. Ce théâtre est situé dans l’ancienne mairie d’Aimé Césaire. Il bénéficie d’un son très pur et précis. De retour de Guyane, les musiciens se retrouvent à nouveau rassemblés en concert à Fort de France et accueillent cette année, en invité d’honneur, Franck Bilot clarinettiste de Cayenne, aussi brillant dans la musique traditionnelle que classique. En début du programme consacré à deux siècles de musique, les harpes celtiques accompagnent les poèmes d’Aimé Césaire suivis de Mozart (le célèbre quintette pour clarinette et cordes, l’andante pour clarinette et orchestre le concerto pour flûte et harpe , sans oublier un quatuor avec flûte), puis des compositeurs romantiques italiens Bellini et Boccherini et Jean Michel Damase avec la création de la Suite 1783 dédiée à Claire Le Fur pour harpe, violon et violoncelle. En 2ème partie, Ramon Romero, harpiste du Paraguay, se joint au steel pan, aux clarinettes de Barel Coppet et Franck Bilot, au "tambou di bass " de Michel Cilla pour accompagner Roger Nardi dans un hommage aux frères Salvador. Les harpes celtiques et classiques se mêlent à cet ensemble inédit.

Calebasse Café et le Jardin des Papillons

Ce sont deux lieux mythiques, incontournables si vous venez en Martinique. "Calebasse Café", situé au Marin, dans le sud de l’île et le "Jardin des Papillons" situé au Carbet dans le nord, reçoivent plusieurs soirs par semaine des artistes de la Caraïbe et des grands groupes de passage : hommes de théâtre, conteurs , musiciens jazz, classiques ou traditionnels, en solo ou en petite formation. Ce sont des lieux culturels très branchés : les soirées se terminent souvent tard dans la nuit autour d’un verre ou d’un repas, les rencontres hétéroclites sont habituelles. Cette année, les journées de la harpe leur ont réservé la musique paraguayenne et l’humour de "Sophie la harpiste".

Sainte-Anne

Pour le concert final, comme l’an passé, les musiciens se rassemblent sur la place de la commune de Sainte Anne devant l’église. Le concert ne durera qu’une heure et demi car c’est le jour de la messe et la grande porte reste ouverte …Nous offrons au public un pot pourri allant du Chevalier de St George à la musique tzigane. C’est à regret que notre bande de joyeux lurons clôture cette 16ème édition sur les chansons des Salvador. Geneviève Seville, compositeur-interprète locale s’est jointe au groupe.

Les journées de la harpe en Guyane

Après le concert d’ouverture en Martinique, une partie des musiciens s’envole pour la Guyane.

Le centre pénitentiaire

Finis la mer bleue et les poissons multicolores…A peine déchargée, une des harpes franchissait les nombreuses portes de la prison de Rémire Montjoly pour une rencontre émouvante. Les femmes anglophones pour la plupart, interpelées par la présence des musiciens Yves Desmons au violon et Claire Le Fur à la harpe se sont peu à peu mises à danser notamment au son de la czardas.

En soutien à Haïti à la cathédrale

Grâce à l’organisation exemplaire des Rotary-clubs de Guyane, un concert est donné le soir même à la cathédrale en soutien aux sinistrés de Haïti avec la participation des musiciens de Cayenne (flûte, orgue, violoncelle, harpe) et les chorales de Père Plug (sonate de Jean Baur, Cantique de Jean Racine, Pavane de Fauré, Ave Maria, l’Adagio d’Albinoni très pur avec au violon, Olivier Leboucq de Marseille et Christian Laidlow, titulaire du nouvel orgue de la cathédrale, puis le célèbre trio des ismaélites de Berlioz pour 2 flûtes et harpe (à la harpe Claire Le Fur, à la flûte François Detton de Paris et Michaèle Ngo Yamb Ngan de Cayenne).

Mariage aux Iles du Salut (Kourou)

Pas de repos pour l’équipe, le lendemain, c’est la fête : les musiciens sont de mariage ..aux Iles du Salut ! Trois îles aujourd’hui paradisiaques, qui ont pourtant accueilli le sinistre bagne de Cayenne, chargé de toute une histoire de souffrances et de morts, avec ses cellules, ses quartiers, et le souvenir de ses anciens pensionnaires célèbres (Dreyfus, Seznec, Papillon). L’acoustique de cette petite église peinte par les bagnards au milieu de cette végétation luxuriante, reste une image unique. Seule la "harpe Pandora" a eu la chance de faire le voyage en catamaran ! les autres sont restées à Kourou pour le concert du soir, à l’église avec flûte et violon .Ils reçoivent un accueil chaleureux à l’hôtel Mercure partenaire de la manifestation..

Le Village de Awala Yalimapo

Nous serons accueillis par le chef de ce village du bout monde, lieu improbable, à 300km de Kourou, à l’embouchure du Maroni, frontière entre le Surinam et la Guyane, site de ponte mondialement connu, des tortues marines. Grâce au dynamisme du maire Jean Paul Fereira, à la proposition de mme Benoit du Conseil Général en parallèle à l’action "cinéma rural" et à la subvention du Conseil Régional, les habitants indiens Kali’na de Awala et Yalimapo ont pu bénéficier d’un ciné-concert aquatique en soirée et d’animations musicales pour les 250 enfants du village et les 200 élèves de 6è du collège de Mana(petite harpe, harpe paraguayenne et violon). Quel symbole de montrer ces tortues légendaires en train d’évoluer dans leur milieu naturel c’est à dire une eau claire et limpide ! (des milliers de tortues luth viennent pondre chaque année au printemps sur la magnifique plage des Hattes et son eau marron).

Animations scolaires

Après le passage à Mana, l’école du Village Saramaka, la plus défavorisée de Kourou, a eu la joie de recevoir les harpistes du festival. Les enfants ont pu découvrir, écouter, danser et même essayer l’instrument. De retour à Cayenne, c’est dans deux écoles des quartiers pauvres que nous retrouvons les harpistes, environ 400 élèves : rencontres inoubliables et riches d’échange entre musiciens et élèves.

Salle de l’Encre

Quel plaisir de retrouver les musiciens de l’ENMD de Cayenne pour le concert de clôture dans cette superbe salle de l’ENCRE aimablement prêtée par le Conseil Régional : Charleyne Hurtiger, professeur de violoncelle, le chanteur Jacques Fauroux et Franck Bilot professeur de clarinette. Pour la partie traditionnelle, Gérard Zaraté , professeur, a excellé à la harpe paraguayenne associant à son groupe les harpes classiques et celtiques qui n’existent pas en Guyane. Barel Coppet a eu plaisir à dialoguer dans des improvisations avec son collègue Franck Bilot. André Salvador, natif de Cayenne, a été mis à l’honneur avec ses compositions méconnues si j’étais une cigarette, aux Caraïbes ou encore poème à ma mère pour harpe.

CONCLUSION :

Nous remercions les municipalités de Guadeloupe, nombreuses (Le Moule, Terre de Haut, Baie-Mahault, Basse Terre, Gosier, Saint Louis de Marie Galante) , la commune de Ste Anne en Martinique très présente culturellement et la commune de Awala Yalimapo en Guyane qui ont participé au festival .

Nous avons pu associer les journées de la harpe à certaines manifestations locales : en Guadeloupe à la semaine des personnes âgées, en Martinique au festival des sens, en Guyane à un mariage aux îles du Salut .

Cette année à la demande des partenaires officiels, nous avons privilégié les actions en direction des hôpitaux, des prisons et des écoles retirées ou défavorisées.

Les conteurs Patrick Mathelie et Françoise Baslé ont, en hommage à Aimé Césaire, récité à chaque concert, un de ses merveilleux poèmes. Les déplacements très nombreux et épuisants cette année, ont été soutenus par le soin et la gentillesse d’Air Caraïbes et de l’express des îles. Les cocktails arrosés par les rhums Lamauny et Trois Rivières. Parish Alvars dont les œuvres sont d’une grande difficulté technique, a été révélé et apprécié de tous les publics grâce à la virtuosité des harpistes.

L’hommage aux frères Salvador fut particulièrement émouvant dans les 3 départements, les deux musiciens étant nés à Cayenne de parents guadeloupéens. Leurs amis et ceux de leur sœur Alice, Yvan Rollus, Anni Jean-Clair, Barel Coppet, Michel et Aude Bagoe, Jean Pierre Meunier, Micheline Saillant-Salvador (fille d’André) sont à l’origine du projet et de tous les documents fournis. Je les remercie grandement.

L’association GLISSANDO et moi-même, remercions tous les partenaires pour leur soutien :

la DRAC Martinique, la DRAC Guadeloupe, la DRAC Guyane, le Conseil Régional de Martinique, le Conseil Régional et le Conseil Général de Guyane, RFO, Régie Outremer, la SACEM, le Rectorat de Martinique, le Rectorat de Guadeloupe, la CDC Antilles Guyane, les municipalités martiniquaises de Fort de France, de Ste Anne, du Robert, les municipalités guadeloupéennes de Baie-Mahault, de Gosier, de Terre de Haut, du Moule, de Basse terre, la municipalité de Awala-Yalimapo en Guyane, Beauport pays de la canne, Caféïère Beauséjour, le jardin des papillons, Calebasse café, la poterie des trois Ilets, la Creole Beach, le Cric-Crac-Motel, le Caribéa, Cap Reva de Capesterre de Marie Galante, la MJC de St louis, les Rotary-Clubs de Guyane, Air-Caraïbe, Ada-location de Martinique, Colibri-location et standing-location de Guadeloupe, l’express des îles, les rhums Lamauny et Trois Rivières, l’ENMD de Cayenne, Martinique Vidéosub, Gérard Braida pour les affiches, les harpes Camac pour le don de cordes, l’Instrumentarium SALVI pour le prêt d’une grande harpe. le Magasin de la harpe pour le prêt d’une harpe Pandora et le don de cordes, Magdeleine Budin pour la logistique durant tout le séjour, le père Plug et le père Prosper en Guyane. Nous remercions surtout, tous les musiciens qui se sont donnés sans compter tout au long de ce festival "itinérant"(nous ne restions qu’une journée dans chacun des lieux paradisiaques) et qui ont du nous aider à porter les harpes pendant trois semaines malgré la fatigue et la chaleur tropicale.

Malgré les conflits sociaux de début d’année 2009 dans les DOM, la 17ème édition devrait avoir lieu du 17 au 24 octobre en Guyane, du 24 au 31 octobre en Martinique et du 31 octobre au 7 novembre en Guadeloupe.