Les Journées de la Harpe (Martinique, Guadeloupe, Guyane)
Accueil du site2015, 23 ème édition des journées de la harpe à la caraïbe et en Guyane, "Haïti à l’honneur"
Dernière mise à jour :
samedi 12 novembre 2016
Statistiques éditoriales :
110 Articles
1 Brève
4 Sites Web
1 Auteur

Statistiques des visites :
259 aujourd'hui
0 hier
223706 depuis le début
   
Hommage à Mel Bonis
mercredi 24 juin 2015
par webmaster
popularité : 11%

Hommage à Mel Bonis : La compositrice parisienne Mel Bonis (1858/1937) est l’ancêtre d’une grande famille de harpistes (famille Géliot). Un hommage lui sera rendu aux côtés de ce grand musicien des caraïbes qu’est Franck Casséus. Le corpus de l’œuvre de Mel Bonis se compose d’environ 300 pièces pour des formations diverses. « Jamais éditées, jamais entendues, nous avons découvert récemment ses dernières œuvres et notamment sa messe. Elles forcent notre respect et notre dévouement. Elles sont toutes imprégnées du désir mystique de se fondre à l’infinie douceur de Dieu et à son "pur amour", écrivait son arrière-petite-fille en la découvrant en 1998. En bref, petit à petit, la musique de Mel Bonis renaît : elle est rééditée, elle est jouée en concert, enregistrée. Son nom se fait jour dans le très petit milieu des musiciens curieux de raretés, en Allemagne surtout, où elle jouit d’une excellente réputation. Espérons que l’avenir lui réserve la reconnaissance qu’elle mérite, la reconnaissance du public.

Biographie de Mel Bonis par Christine Géliot :

BONIS Mel (Mélanie Bonis, épouse Domange), compositrice (Paris 1858, Sarcelles 1937)

Mel Bonis est le pseudonyme de Mélanie Bonis. Elle grandit à Paris dans un milieu de la 77ourgeoisie modeste qui ne comprend pas sa passion pour la musique. Elle apprend le piano d’une manière autodidacte jusqu’à l’âge de 12 ans, quand ses parents cèdent enfin à son désir d’avoir une formation musicale. A 17 ans, elle entre au Conservatoire de Paris où elle suit les cours de piano, orgue, écriture, avec Auguste Bazille, Ernest Guiraud et César Franck, partageant les mêmes bancs que Debussy et Pierné. Elle obtient un premier prix d’harmonie et suit avec succès la classe de composition quand ses parents l’obligent à démissionner du Conservatoire pour contrecarrer ses projets de fiançailles avec le chanteur Amédée Hettich et prévoir pour elle un avenir plus conforme à leurs ambitions. Ils organisent pour elle un mariage de convenance avec un riche bourgeois, Albert Domange, tout aussi hermétique à son art. Après une longue interruption du fait de ses devoirs de maîtresse d’une « maison » considérable, d’épouse, de mère et de femme du monde, Mel Bonis reprend contact avec la musique et les musiciens. C’est dans l’incompréhension la plus totale de son entourage qu’elle accomplira sa vocation, écrivant malgré tout plus de trois cents œuvres, piano, orgue, musique de chambre, orchestre, mélodies, chœurs. Dans la veine postromantique, c’est une œuvre variée et originale, foisonnante d’inspiration, richement harmonisée avec une intéressante recherche rythmique, une musique qui reflète la grande sensibilité et la puissance d’inspiration de son auteur. En témoignent notamment ses deux quatuors pour piano et cordes qui soutiennent aisément la comparaison avec les grandes œuvres de compositeurs tels que Brahms ou Fauré. Entre 1900 et 1910, Mel Bonis connaît une certaine notoriété dans le milieu musical parisien : elle est lauréate de deux concours de la Société des Compositeurs, sa musique est jouée dans le cadre de la Société Nationale de musique, et, fait unique pour une femme, elle devient secrétaire de la Société des Compositeurs. Elle est jouée dans des salons, aux Concerts du Conservatoire, au Châtelet. Les musiciens éminents de son temps parlent de sa musique avec respect et admiration : "Je n’aurais jamais cru qu’une femme fut capable d’écrire cela", dit Camille Saint-Saens en parlant de son premier quatuor, "elle connaît toutes les ficelles du métier" . Mais dans la dernière partie de sa vie, Mel Bonis est physiquement et psychologiquement déprimée. La concurrence des compositeurs modernes fait un tort considérable aux postromantiques. Elle continue à composer, mais dans l’ombre. Elle écrit dans ses mémoires : "Mon grand chagrin : ne jamais entendre ma musique". Cet injuste destin pour une musique d’une qualité exceptionnelle se répare aujourd’hui où des interprètes de plus en plus nombreux lui redonnent vie.

Résumé du catalogue de l’œuvre

  Musique de chambre : c’est le volet le plus important des compositions de Mel Bonis avec plusieurs chefs-d’œuvre d’importance : 3 quatuors avec piano, 3 sonates, une Fantaisie en septuor, quatre trios dans différentes formations avec piano ou harpe, une Suite dans le style ancien pour instruments à vents, nombreuses pièces en duo avec flûte, violon ou violoncelle etc.
  piano : 60 pièces regroupées en 11 volumes dont les Femmes de Légende + 4 mains, 2 pianos et albums pour les enfants.
  Orgue : environ 40 pièces pour grand orgue et pour harmonium.
  Chant : une quarantaine de mélodies dont plusieurs à 2 et plusieurs voix pour la partie profane, sur des poésies de Amédée Hettich, Edouard Guinand, Maurice Bouchor ; et une importante œuvre religieuse avec des cantiques, des mélodies religieuses et des Noëls, une vingtaine de motets, une messe, et un Cantique de Jean Racine
  Orchestre. 3 Femmes de légende, Suite en forme de valses et Danse sacrée, Bourrée, Pavane et Sarabande, les Gitanos ; pour orchestre d’enfants, Symphonie burlesque ; mélodies avec accompagnement d’orchestre.

L’ensemble de l’œuvre est réédité chez Fortin-Armiane (Paris), Kossack et Furore (Allemagne). Elle est presque terminée. Une cinquantaine de CDs de sa musique ont été publiés.

Bibliographie sélective :
  GELIOT Christine : Mel Bonis, femme et « compositeur »- 2ème édition, biographie de Mel Bonis aux Editions de l’Harmattan, 2010
  SCHENK Dorothea : « Très douée, bonne musicienne », Die französische Komponistin Mel Bonis, Editions BIS, Oldenburg, Allemagne, 2005
  FLORIN Ludovic : La correspondance de la compositrice Mel Bonis : brochure publiée par "Les Amis de la Musique française, 2007
  LAUNAY Florence : Les compositrices en France au 19ème siècle. Editions Fayard, 2006 Nombreux articles dans les revues musicales spécialisées : l’Orgue - KOM Komposistinnen im Musikverlag et Viva Voce (Allemagne) - Revue de l’éducation musicale - En quelques notes (Bulletin du CNR de Paris) - Traversière magazine - Le Violoncelle - la revue Piano - La Lettre du musicien - the Journal of Singing (USA) - Bulletin des Amis de la Musique française etc. Site internet : www.mel-bonis.com